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Été 2015, je suis diplômée depuis plusieurs années en graphisme, en web et en stratégie.

Je me suis lancée en freelance en janvier 2014.
Mais j’ai mal fait les choses : je me suis dispersée dans trop de projets, bradé mes prix, fait du gratuit pour faire plaisir, mal choisi mes clients, d’ailleurs pas choisi du tout car je veux juste « gagner de l’argent et je veux bien le premier projet venu peu importe le sujet ou même le devis » et surtout j’ai une estime et confiance en moi fragile. Je suis capable de travailler pour 20€ ou de dire à un client que oui il a raison « un site vitrine n’est pas indispensable » pour son business (alors que c’est faux en plus).

Pourtant j’ai fait ce qu’il fallait faire, j’ai suivi les conseils de ma maman et de mon grand-père (c’est ma figure paternel mon papa est décédé en 2009)

Alors j’ai fait ce qu’il fallait :
– j’ai passé mon BAC général (c’était mieux qu’un BAC pro il parait)
– j’ai passé mon BTS COM (avec plein de gens de BAC pro plus forts que moi en marketing du coup…)
– j’ai suivi une licence pro, j’ai fait des stages et ai eu plusieurs expériences pro…
Et je suis plutôt forte, même très forte dans mon domaine.

Alors oui, j’ai tout bien fait « comme il faut »
Pourtant, même si j’ai déjà eu des clients en freelance, en ce mois d’août 2015 je n’ai aucun revenu. J’ai perdu. Game over.

Mon grand-père ne comprend pas et moi non plus.
Peut-être qu’il pense que je suis sotte ?
En fait je crois qu’il pense que je suis intelligente, donc c’est encore pire.
Impuissance. Incompréhension. Qu’est-ce qu’on a raté ?

Je me dis que c’est peut-être parce que mon job de graphiste ne sert à rien et que je suis inutile au monde…
Ok tu imagine mon humeur à cette période pour penser comme ça ?

Alors je prends ce job, « utile », mais dans lequel je ne suis pas tout dans ma zone de génie.
Je deviens ASH : Assistante de Service Hospitalier, dans une maison de retraite médicalisée.
J’adore parler aux petits vieux (parce qu’en plus je suis trop une “mamie” moi aussi ^^)
De 7h à 9h, je leur apporte le petit déj, à 11h je fais le ménage de 20 chambres environ, je suis très lente et en général je dois finir après les repas pour les 4 dernières.
J’aime tout le monde, enfin surtout les vieux, pas trop mes collègues pour être franche.
Quoi que, certaines étaient cool.
A la pause, tout le monde fume sauf moi. Ils parlent d’une promotion sur des parfums.
Ça ne m’intéresse pas. Quoi que : « Ah c’est sur un site ecommerce ? montre comment c’est optimisé ? Fais voir la page de vente ? Et le graphisme de la promo elle est comment ? »
Voilà on a pas vraiment les mêmes centres d’intérêts.
Mais ma mère est contente, mon grand-père aussi.
Moi je meurs a l’intérieur.
Heureusement qu’il y a Yvette et Félicie.

Je me souviens d’une collègue qui m’avait dit « quand je suis entrée j’avais ton âge, je me suis dis que c’était pas ça la vie, puis je me suis habituée, tu t’y feras aussi. »
Elle a raison c’est exactement ce que je me répète en boucle « c’est pas ça la vie ».
Sauf que j’ai pas envie de m’y faire.

Ce n’est pas du tout ici une critique du métier exceptionnel d’AHS.
C’est une critique de passer a côté de soi. De ce qu’on aime vraiment.
Car je vois que certaines personnes dans ce service aiment ce métier.
Ces infirmières de nuit ou les aides soignantes attentionnées.
Mais moi je n’aime pas ça, je parle avec Eugène qui demande à parler à sa femme par intervalles de 30 minutes environ, j’aime le rassurer, mais mon boulot est de nettoyer.
Alors je me cache dans la chambre de cette dame folle, dont j’ai oublié le nom, qui passe sa journée à hurler. Devant elle je peux pleurer, personne n’entend, personne ne voit.

Je suis partie quand on m’a demandé de rester 2 semaines d’affilées sans jours de repos ou de partir.
J A M A I S mettre d’ultimatum à un esprit libre, c’est dangereux.

Aujourd’hui, comment je sais que j’ai fait le bon choix ? Bon au delà du fait que je gagne plus (ça compte quand même ^^) c’est surtout que je peux bosser 2 semaines d’affilées sans jours de repos. Ce que j’ai fait ces 2 dernières semaines pour préparer le lancement de la promo sur ma formation pour devenir graphiste.
J’ai dû gérer mes deux activités : service en graphisme et infoprenariat, donc j’ai enchainé.
J’aurai pu faire autrement mais je peux faire comme ça aussi.
Je vais pas te mentir j’en ai un peu marre d’être derrière l’ordi (même si je m’arrête quand je veux pour aller à la plage) mais je peux le faire et puis c’est moi qui gère.

Ce soir j’écris cet article mais c’est pas obligé.
En fait, je suis mon rythme je fais comme je le sens.
Un peu comme en sport, tu sais quand tu dois te dépasser sans t’épuiser.
Puis, quand tu mets du sens dans ce que tu fais, l’énergie revient comme le matin de noël le jour de tes 5 ans.
Quand je vois les clientes que j’attire, les témoignages que je reçois ça me donne de la force.

Quand, 95% du temps, tu n’as plus l’impression de travailler, alors tu as trouvé ta voix.

Si le métier de graphiste t’intéresse lis cette page : lauredouceline/formation-graphisme
Je t’apprendrais le graphisme mais pas que.
Car comme tu as vu cette compétence seule est inutile.

Car suite à cette expérience, j’ai compris qu’il ne fallait pas changer mon métier mais m’adapter.

Oui le graphisme est utile. Si tu fais les flyers pour des cours de méditation et qu’il sont visibles 2x plus qu’un flyer amateur, tu crois pas que ça va être utile ça ?

Toi aussi tu pourras mettre du sens en choisissant tes clientes.
Je travaille uniquement avec des femmes et uniquement dans le domaine du développement personnel ou des médecines alternatives.
Essaye de m’écrire de la part de coca tu verras ma réponse gars 

Je n’ai pas changé de métier, j’ai trouvé mes pourquoi.
Croire en moi et mes services. Prendre confiance en moi. Vendre au prix juste. Me focaliser sur une chose à la fois. Lâcher le perfectionnisme etc.

Voilà c’était mon « secret » pro.
Tout n’a pas été lisse, loin de la.

Le système de nos parents ou de nos grands-parents est mort.
Dans notre société actuelle, il ne suffit plus de tout bien faire comme il faut.

Je ne te dis pas qu’il n’y aura aucunes épreuve mais tu vas savoir les gérer. Et ce que j’ai traversé je veux te l’éviter.

  Laure douceline 

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